Départ St Quentin (Heure de passage : 12:00; Temps de course : 00:00:00; Glycémie : 2.18g)

Distance depuis
– Le départ : 0,0 km
Dénivelé positif depuis
– Le départ : 0 m

 

Samedi midi, le départ est donné de la base de loisir de Saint Quentin en Yvelines. Avant ça, quelques photos et discussions avec les zozos présents (David L., Pierrick A., Laurens M. et autres traileurs…). Il fait relativement froid et je pars en t-shirt manches courtes + manchons + veste. L’objectif est de partir sur des bases solides mais pas trop vite. Objectif un peu fou mais qui me semble réalisable : 9h ! David se propose de faire les 30 première minutes avec moi «pour s’échauffer» puis il accélérera. Le départ, c’est un champ de patates bien gras. Il faut faire attention et je me demande combien vont voir leur préparation et leur course anéanties au bout de quelques mètres. Alors que David passe sur la droite du peloton, je préfère me mettre au milieu où je pense y trouver un terrain moins accidenté. Je le vois se retourner, il ne me voit pas, du coup, il accélère, je ne le reverrai plus.

Le début de la course, c’est un tour dans la base de loisir. On passe à coté du pratice de golf, puis on longe les trous du retour et le green du grand par 5 que je connais très bien. J’ai programmé ma montre pour qu’elle m’avertisse tous les 15 minutes dans le but de manger un petit bonbon et boire de l’eau. Très rapidement, je commence à avoir chaud, j’enlève les manchons, puis au bout K7 et 40′ de course, je sens le thé qui me pèse de trop. Pause technique et j’en profite pour enlever ma veste et la jette en boule dans mon sac. Grosse erreur : Je ne fais pas attention et je «pince» mon alimentation d’eau (qui en plus est trop lourde : 1.5L au départ ! Grosse erreur !) La bonne (ou mauvaise) nouvelle, c’est que je repars avec Laurens qui était quelques secondes derrière et nous discutons ensemble. On se demande surtout où est le Pierrick. C’est alors qu’il apparaît derrière nous pile lorsque nous sortons de la base de loisir. Jusque là, tout va bien.

Un petit tour en ville, on croise Tissot, merci à lui, qui est sur le bord de la route. Ensemble, nous avançons bien, on se fait des petites blagues, on chambre les autres coureurs (surtout Pierrick), on recroise Tissot, on prend des vidéos de la fake Labreuche, on prend la photo officielle ensemble : Bref tout va bien et le rythme est comme je l’avais prévu. Puis K15, une première montée (tout petite), et je remarque que je surchauffe et qu’en fait on est un peu plus rapide que prévu. Je les tiens encore un peu mais au K19 une «vraie» montée m’oblige à les laisser prendre de l’avance…

 

Buc – Ecole Pré St-Jean (14:12; 02:12:03; 1.73g)

Distance depuis
– Le départ : 23,4 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 297 m

11070436_10153093782251488_2151618496994309756_n Premier ravito et première constatation : J’arrive exactement dans la minute que j’avais prédite mais je sais maintenant que le rythme sera difficilement tenable ! 11′ d’arrêt, quelques lectures de mes messages, et même si j’ai les encouragements de Pierrick et Laurens, je ne suis pas du tout confiant sachant quelle partie m’attend maintenant et seul !!! Au K25, le constat est là : Clairement, je suis déjà cramé ! Je me fais doubler par Thibault V. (aka Vomito), casquette à l’envers, qui semble très bien. On discute rapidement, il me semble bien lancé et frais. Ces 10k/h en moyenne lui vont très bien, alors que moi je n’arrive pas à les tenir. Et mentalement, je me fais doubler et doubler et c’est très dur. Je commence rapidement à avoir des pensées assez mauvaises en me disant que je vais abandonner à Meudon. J’entame alors la stratégie marche en montée, ou marche quand il faut récupérer et course quand je peux. K30, une idée de génie, me semble-t-il, sous les conseils de Labreuche : Je me rappelle avoir embarqué mes écouteurs et je décide de me mettre de la musique (chose que je ne fais jamais). Bonne idée puisque ça me permet de me plonger un peu dans un autre monde. Ce qui m’aide aussi à tenir, ce sont tous les messages par SMS, sur Facebook ou sur la conversation partagée Whatsapp avec mes «ambianceurs» ! En passant la mare des Écrevisses à Viroflay K36, je décide même de les remercier en postant rapidement un petit check sur mon mur. Je découvre aussi que mon pote Nico m’attendra en bas de la cote des Lynx ! J’en profite pour le prévenir que j’aurai assurément du retard. Je connais bien la suite du parcours pour l’avoir reconnue en préparation. Donc, je connais les difficultés et la longueur du bordel ! J’ai en plus mon genou droit (derrière) qui commence à me faire des petits signaux… Tout cela me conforte dans l’idée d’abandonner et que j’en peux plus.

J’ai la bonne surprise de croiser Huguette en supporter dans le milieu des bois à cet endroit inattendu. Il fait quelques mètres avec moi et m’encourage mais j’avoue que j’ai pas vraiment l’esprit très lucide et chaque montée me repose alors que chaque descente me fait un peu plus mal aux abdos (ou au gras du bide).

Puis, après une montée, puis une descente, puis une montée, puis une descente…, j’arrive en haut proche du stade à Meudon. Je sais maintenant que la descente dans la forêt se fera bien, puis j’aurai Nico en bas, une grosse montée, un peu de route facile pour rejoindre le ravito et mes parents ! C’est plaisant et surtout une aide très précieuse d’avoir des gens autour de soi à ce moment là ! Nous croisons d’ailleurs Céline B. du club du XV que je salue au carrefour de l’anémomètre.

 

Observatoire de Meudon (17:35; 05:35:06; 1.37g)

Distance depuis
– Le départ : 45,8 km
– Buc – Ecole Pré St-Jean : 22,4 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 874 m
– Buc – Ecole Pré St-Jean : 577 m

10855065_10153093782391488_4686710650518670071_o10′ d’arrêt ! Mes parents, oncle et tante sont là, ça fait plaisir. Par contre, il fait très froid et j’ai pas spécialement le moral. J’avais espéré y arriver en un peu moins de 5h et j’ai clairement pris beaucoup de retard. Ma satisfaction est cependant grande d’être déjà là, de savoir que je viens de passer ma plus longue distance jamais courue (marathon) et surtout que Nico va jusqu’à Chaville avec moi !! Cool, mais j’annonce tout de même à mes supporters que je ne serais pas au prochain ravito avant 1h30. J’envisage seulement d’aller au bout maintenant, si je le peux et je laisse mon rêve de retrouver Pierrick en chemin enfermé à double tour dans un coin perdu de ma tête.

Le froid étant maintenant bien présent et la veste ressortie, c’est dans une forêt assombrie que nous repartons avec Nico. On sent le mec coureur assidu. Il a les bons conseils, il sait se taire quand il faut, il fait attention. Vraiment crème. Tout ça ne m’empêche pas d’avoir des pensées assez négatives. En repartant, il m’annonce que René sera au dernier ravito et qu’il compte remonter un peu dans le parc de Saint Cloud. Alors que j’avais juste prévu de faire les quais avec lui, je dis à Nico qu’il transmette à René l’information qu’il a le droit de venir me chercher dès Chaville s’il veut. (La vrai pensée que j’ai à ce moment là, c’est de lui dire d’annoncer à René qu’il peut rentrer chez lui et que je vais abandonner à Chaville). En gros, j’ai l’impression que seul, je n’y arriverai pas ! L’observatoire de Paris se passe bien et il y a toujours une trailleuse devant moi. Lorsque je marche un peu elle prend de l’avance, lorsque je cours, je la rattrape. C’est plutôt cool parce que ça veut dire que même si je ne suis pas au top, je reste dans l’allure des concurrents qui sont au même endroit que moi. Ces 10k sont tout de même une vraie tannée et chaque virage dans la forêt me montre à quel point je me suis trompé sur ce tronçon ! Je n’ai plus aucune notion du temps : J’ai l’impression que ma montre bip le 1/4 d’heures alimentation et eau alors que je viens juste de reclipser mon tuyau. La descente vers Viroflay Chaville n’arrive pas !!! Puis la voilà, enfin. Une photo à coté de la seule pancarte Ecotrail 80k que j’ai trouvée sur le parcours et on se dirige vers le ravitaillement ! C’est là que j’ai la bonne idée de chuter dans une descente avec un roulé boulé qui va bien. En apparence, j’ai pas grand chose. Mais je remarque une éraflure proche de mon genou droit (qui en plus commençait à coincer) et j’ai une douleur qui s’installe. Une dernière longue montée en marchant et j’arrive au ravitaillement de Chaville…

 

Chaville – Parc Mare Adam (19:13; 07:13:11; 1.66g)

Distance depuis
– Le départ : 56,8 km
– Observatoire de Meudon : 11,0 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 1095 m
– Observatoire de Meudon : 221 m

15‘, le temps de faire les checks et les niveaux, remarquer que je ne pourrai pas prendre la soupe qui est en préparation, discuter avec mes supporters présents malgré l’heure avancée et le froid, et remercier du fond du coeur Nico.

Ce qui est plus dur, c’est de repartir, seul, et avec la frontale ! Mais maintenant, c’est décidé, j’irai au bout. Je connais la partie qui m’attend, je l’ai repérée aussi. Dans la montée qui longe la cote des Gardes coté Chaville, j’en profite pour ressortir mes écouteurs, lire les messages d’encouragement mais je n’ai pas la lucidité nécessaire pour remarquer que ma frontale n’éclaire quasiment pas. J’avance progressivement, je donne des infos sur le parcours aux coureurs qui ne sont pas du quartier mais j’ai surtout un mal de chien à courir : Mon genou commence à me dire qu’il est pas au top mais rien de trop alarmant non plus. Je continue, les descentes sont depuis déjà quelques kilomètres des horreurs qui me font mal aux abdos. La montée vers la route de l’Impératrice me semble interminable mais je sais qu’il s’agit de la dernière ! Je lis mes messages et j’apprends que René est à Marnes la Coquette à l’entrée du Parc ! Du coup, je peste de ne pas voir arriver ce cimetière représentant la fin de ma solitude dans cette forêt sombre avec une frontale qui éclaire à peine ! Puis arrive le K62 environ et le René qui m’attend ! Je dois l’avouer : Quel courage et quel ami d’être là en plein nuit dans le froid pour m’accompagner sur les 15K finish ! Contrairement à plus tôt dans la course, je connais maintenant parfaitement et par coeur le tracé ! Le souci c’est que j’en suis plus à me dire «je marche jusqu’ à tel endroit puis je relance» mais «je vais essayer de courir jusqu’à tel croisement ou tel lieu». Il y a de moins en moins de coureurs mais nous discutons avec René en avançant comme on peut jusqu’au ravito en haut du parc.

 

Domaine national St-Cloud (21:23; 09:22:20; 3.09g)

Distance depuis
– Le départ : 69,6 km
– Chaville – Parc Mare Adam : 12,8 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 1351 m
– Chaville – Parc Mare Adam : 256 m

11080566_10153093782956488_5673941281315430519_o12′ d’arrêt avec ce coup ci : un peu de soupe, un changement de pile de la frontale (il était temps), et un post Facebook pour annoncer mon arrivée. J’entends qu’ils n’attendent plus que 300 coureurs à ce ravito ! La glycémie a 3g me fait un peu psychoter (une hyper, ça pompe l’énergie) mais elle est la conséquence d’une lente faite à 11h30 et baissée de 50%. Je décide de ne rien faire mais aussi de ne plus prendre mes bonbons toutes les 15‘.  La descente est rapide et la sortie du parc arrive bien vite (même si je marche dans la dernière portion). Le problème, c’est la douleur aux cuisses qui ne suivent plus à chaque tentative de course et le genou droit qui clairement a sorti la pancarte «attention danger». On va finir, c’est la fin, tu vas y arriver ! Une dernière supportrice est encore présente devant le musée de la céramique malgré le froid et l’heure très avancée maintenant ! Direction la tour Eiffel, mais impossible de courir. Je me fais doubler par des «marcheurs nordiques» et c’est mentalement très très dur. «Allez on court jusqu’au rond point du Paris Versailles», puis «Allez on court sur toute l’ile St-Germain», puis «On court toute la ligne droite de ‘crosoft»… Je confonds le pont Mirabeau et le pont de Grenelle… Il en manque un !!! Je me fais doubler mais redouble dès que je cours 2 coureuses (la fake Popo) et une autre coureuse, un peu plus âgée, en me mettant le défi qu’elle n’a pas le droit d’arriver avant moi. Montée à contre sens pour passer devant les photographes avec la tour Eiffel en fond : il est 23h puisqu’elle scintille (pour la photo ça va se jouer à la seconde. Du coup, je pose devant le second photographe pour être sur d’avoir une photo avec les petites lumières blanches). L’ile aux Cygnes qui je connais bien me semble interminable. J’arrive au pont Bir-Hakeim, je ne suis plus dans la possibilité de courir, et de marcher avec grande peine. Le passage devant les péniches, ma supportrice qui est là, et une grande supportrice de fer pour terminer aussi qui me tente les bras. 20m du passage piéton devant la tour Eiffel, le feu qui passe au vert piéton ! Je relance la machine, je peux courir, je passe devant le speaker, et fonce vers le pilier sud ! Je me lance dans les marches, je prends mon téléphone, une petite photo, un message pour mes ambianceurs qui n’ont pas abdiqués depuis 8h du matin, je double 2 lascars dans la montée puis les photographes sont présents là haut. Je ne suis plus à quelques secondes près : Je prends le temps de dégrafer mon sac et d’ouvrir ma veste pour laisser apparaître le dossard et passer la ligne en marchant les bras levés !!!

 

Arrivée 1er étage : (23:23; 11:23:08; 2.22g)

Distance depuis
– Le départ : 78,9 km
– Domaine national St-Cloud : 9,3 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 1496 m
– Domaine national St-Cloud : 145 m

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Descente de la Tour Eiffel en ascenseur.

Voilà c’est fait ! Je prends mon t-shirt de finisher, une petite bière puis me dirige rapidement vers l’ascenseur pour redescendre fêter ça avec ma supportrice restante et le René qui doit se cailler en bas ! Je remarque seulement à ce moment là que je n’ai pas arrêter ma montre et ce n’est que en faisant un selfie 10′ plus tard avec les autres coureurs dans l’ascenseur que je vois que ma frontale est aussi encore allumée… Je tente d’appeler David (répondeur). J’ai Pierrick qui me dit qu’il vient même de finir son repas de finisher : J’ai donc loupé de lui apporter la bière comme promis. Un dernier message pour mes parents pour qu’ils puissent aller se coucher rassurés, et il est temps pour moi de rentrer, content et satisfait !

 

Conclusion

Première fois pour moi que je dépasse la distance marathon, première fois que je dois faire face à la nuit et tout ça, c’est impressionnant. La vérité, c’est que ça été très dur et que je ne suis pas sur que j’y serais arrivé sans tous les messages (innombrables entre les SMS, les messages, likes, posts et comments Facebook, et la conversation Whatsapp des Ambianceurs du Bordel) que j’ai reçus pendant la course et sans ma famille et mes amis sur le parcours.

 

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Thibault SERRANO : Finisher Ecotrail 80Km en 11h23’08. Classement 1296 (457 SEH)

 

 

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