Le 28 juin 2015 à l’IRONMAN de NICE, Franck CHALON à bouclé 3,9km de natation, 180km de vélo suivi de 42,198km de course à pied en 12h02’57 d’effort. Une performance incroyable compte tenu qu’il a fallu ajouter à la difficulté de l’épreuve, les difficultés liées à la gestion du diabète.  Il nous raconte son histoire.

Les rituels d’avant course

11703418_951177731572098_8857586028781096360_oMon horloge interne me réveille 15 minutes avant ma montre et l’alarme téléphonique de la chambre d’hôtel prévue à 4h00…. des mois de préparation pour arriver à la bourre ou louper le départ du à une mauvaise nuit serait assez moche …

Glycémie du matin 1.70 g/l. Léger petit déj’ et à 4h40 direction la promenade des anglais à travers la ville en marchant durant 2km, tout en croisant les fêtard(e)s rentrant se coucher et qui nous souhaitent « bonne chance » tout en finissant leurs fast food matinal… C’est un rituel qui me fait sourire à chaque fois pour mon 6e Ironman depuis 2011
5h00 : on accède au parc à vélos pour les derniers préparatifs, gonfler les roues et tout le toutim qui prend une bonne heure… instant toujours crucial… y’a toujours une roue qui éclate dans le parc… Et pan… on demande l’assistance technique quelques allées plus loin !
La pression s’installe tranquillement au niveau du ventre…
H – 0.5 : tout le monde doit quitter le parc à vélos et rejoindre la plage… allez zou ! on enfile la combi’ et direction les galets… je croise Manue qui est venue de son île corse pour son 1er IM !
Je file dans le sas prévu à mon rang chronométrique indiqué sur les panneaux… tic ! tac !… A ce moment là toute ta prépa te repasse dans la tête en mode accéléré… genre si j’ai oublié un truc c’est moche !…

Top départ

6h25: les pros partent et nous montrent la voie…
6h30 : Glycémie à 2.97 g/l avant la natation. Et pan ! c’est parti !… 2800 athlètes tentent de se frayer une voie maritime dans cette cohue matinale… quelques mains et pieds par ici et par là traversent mon champ visuel… histoire de ne pas se sentir seul…

… Je vois un drone pour la 1ière fois dans le ciel à basse altitude et ça me fait un peu halluciner…
C’est très compact, pas moyen de poser sa nage quand on est à la corde… toujours du monde partout… la sortie à l’australienne se passe bien… back to the sea… le fond de la mer est… invisible.. pas moyen d’y voir quoi que soit.. si ce n’est imaginer une profondeur abyssale… histoire de penser à autre chose que John qui martèle l’eau des pieds et des mains… en mode marteau-piqueur attitude… pas moyen de m’en débarrasser… genre comme un aimant… j’évite John au possible durant la 2e boucle… mais on sort en même temps de l’eau…

Une transition swim/bike confortable histoire d’être confort on the bike… sauf que ça bouchonne dans l’entonnoir à la sortie du parc…(1.21g à la transition T1)
Le Bike se passe très bien… pas de baisse de régime à mon niveau, le mental est là, everything seems to be under control…
Le col de l’Ecre est… ensoleillé… lumineux… avec une superbe vue… « open your eyes » a dit la dame au micro au départ !…
Vers le 120e km, cet aller retour sur une portion de route en épingle sur quelques km est un peu lassant… A vrai dire, depuis le départ, ça monte ça descend, ça ne fait que ça… je m’oblige à regarder le paysage pour profiter un max de tout !…
Puis arrive la dernière grande descente (160e km) où le gars devant moi perd sa caisse à outils… que j’évite de justesse… dans cette descente à 12% … la même qu’on a pris en sens inverse à l’aller… et qui me réveille du fait de la vigilance à maintenir… reste 20 km … pour profiter de la chaleur relative et du vent relatif qui va avec… jusqu’ici tout va bien… J’aime à penser que le mec qui boucle le bike en dernier et s’il avait une remorque… pourrait ouvrir un magasin de pièces détachées de vélo… tellement j’ai vu de matos au sol…
La promenade des anglais sur les 5 derniers km, de l’aéroport au parc à vélos pour finir le bike, avec ses dangers permanents dus au fait que les gens traversent la route de partout…
11406426_951195848236953_6694472569147664925_oAllez zou on descend du bike… j’ai les voûtes plantaires à l’envers… mal de dingue à trottiner vélo à la main pour rejoindre ma place… Une 2e transition confort… parce que je le vaux bien ! Glycémie à 2.55 à T2 !
Je sens la chaleur sur mes épaules… déjà… un peu de crème solaire « made in orga » bien apprécié… je croise Charlotte et ses enfants Julie et Dorian qui m’encouragent de derrière la barrière et c’est parti pour le marathon… !!

Les sensations sont très correctes… je pense que l’allure visée est envisageable… jusqu’au km 7 … où je ne peux alors expliquer le pourquoi du comment de ce fléchissement progressif qui m’attend… je me rends compte que les runners en sont au même point que moi… allure proche du footing de base… Au semi marathon je retrouve un pote de club… bien meilleur nageur que moi avec qui j’échange quelques impressions de circonstances…
Puis pendant 10 km… je me retrouve dans l’Ohio… ou le marathon des Sables… ou les 2…. obliger d’alterner footing et marche… car la tête commence à tourner sévère… je vois trouble… du coup je marche… ça ne tourne plus… je trottine… ça tourne, c’est trouble, je marche… if you know what I mean…
Puis je sors de ce tunnel de ouf… vers le 35e km, un gars me dit que le plus dur est fait… « c’est pas faux » j’ai du penser haut et fort… on fait un calcul hyperthermique pour estimer le chrono final… le résultat final ne nous convient pas … du coup on a relancé… à 10km/h… pendant les 7 derniers km… sans lâcher… sans marcher… sans prendre le dernier ravito en eau… histoire de gagner 1 minute !
La finishline pointe sa truffe… enfin le tapis rouge ou bleu je ne sais plus... je claque des mains un peu en apnée… et Big Jump !…

NB: pour les années futures… par temps caniculaire, ne pas s’asseoir sous la tente à droite après la finishline… grosses sueurs et malaise presque atteint… je me relève, je vacille pour aller m’asseoir plus loin… et prendre de l’air un peu plus frais… merci au service de secours pour le check up… tension à 7/5, PO² ok et une glycémie à 2.25 g/l….
Les bénévoles nous précisent que la météo a fait son oeuvre… 38° sur le marathon … du coup je comprends mieux ma promenade anglaise !…

45 minutes plus tard, je me retrouve avec une glycémie à 1.70 g/l … Le tout sans injection d’insuline… de 4h30 du matin la veille jusqu’au moment du ravito d’après finishline vers 20h !…
A toi qui ignore mon quotidien, l’IronMan est le seul jour de ma life où j’ai le contrôle… où je me sens en pleine santé... ou presque…
Merci pour les encouragements et/ou les coms !

Franck Chalon

11665730_951367378219800_7971213546440355891_n12h02’57 »
1h08’07 » + 6h10’40 » + 4h26’04 »
T1 10’44 » + T2 7’20 »
Overall Rank: 906 / 2783 – Category Rank M45/49: 114 / 457
http://urlz.fr/2ayn

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